humeur
Allez, c'est
décidé, cette année je reprends en mains mon carnets de notes...
Nous voici repartis pour une année d'anecdotes et de méditations pédagogiques diverses!
Allez, c'est
décidé, cette année je reprends en mains mon carnets de notes...
Nous voici repartis pour une année d'anecdotes et de méditations pédagogiques diverses!
ça y est, les évaluations sont terminées et à présent, comme toute bonne instit, je corrige, je corrige et je corrige encore (quand je dé-prime je pense à la prime
et ça me donne un coup de fouet
)...
Tout en corrigeant, je cogite et je me dis "soyons positifs!", alors voici mes cogitations positivesques...
les évaluations nationales, c'est bien car:
-ça permet de faire des tests préparés par d'autres, pas besoin de se casser la tête, on se laisse aller ( hou, la paresseuse!)...
-ça permet de réfléchir sur nos propres évaluations et de les réajuster (et bien oui, ça arrive, un prof peut parfois se remettre en question!!)
-ça permet aussi de mettre nos petits en situation d'examen (déjà?)
-c'est aussi une bonne chose que de chronométrer les exercices (en classe, on a parfois du mal à les limiter dans le temps...et certains vont vraiment leur train de sénateur...)
-j'aime bien me réfugier derrière des consignes préécrites ("les enfants, je n'ai pas le droit de vous en dire plus!!!") pour ne pas leur donner trop d'infos (j'ai une fâcheuse tendance à vouloir toujours trop expliquer et ne pas les laisser se débrouiller).
- c'est en plus un grand moment de complicité avec les élèves (Qu'allions-nous faire dans cette galère, chers petits CM2?)
-ça donne quand même un assez bon aperçu des élèves et de la classe, on peut ensuite repérer des faiblesses chez certains élèves et dans certaines parties de notre enseignement (mais non, vous ne rêvez pas, une instit est en train de reconnaître ses erreurs!) Cette année par exemple, il faut que je reprenne la multiplication par 10, 100, 1000 et le passé simple...
-mais on peut aussi repérer ce qui va bien, ce qui est acquis, bien compris, maîtrisé!
En bref, on en viendrait presque à regretter ces évaluations!
Si je m'écoutais, j'en redemanderais encore pour l'an prochain...
...d'autant plus que l'année prochaine, je vais changer de niveau!
On pourrait appeler ce nouveau soap, "Plus belles les évals" ou "Les feux de l'école" ou encore "Desesperate schoolteachers"...
Et oui, le feuilleton des évaluations nationales n'en finit plus de nous passionner!
Aux dernières nouvelles, elles auront lieu fin mai. On aura donc testé le début, le milieu et à présent la fin d'année pour chercher la meilleure période possible.Trop tôt, trop tard, (et pourquoi pas trop chaud ou trop froid?), les arguments les plus douteux se succèdent pour déplacer ces évaluations au gré des fantaisies ministérielles. Les instits trop dociles, comme votre serviteur, regardent valser les emplois du temps et s'adaptent avec plus ou moins de bonheur à cette agitation excessive.
Vient ensuite la douloureuse question de l'intérêt de ces épreuves. Utiles ou pas? Mal interprétées? Les critiques fusent de tous côtés: c'est trop dur, c'est trop facile, ça nivelle par le bas, c'est favorable au public (ou au privé, selon le camp dans lequel on se trouve dans cette bonne vieille bagarre Jules Ferryenne)...
Un nouveau problème se surajoute alors, faut-il bachoter?
Les partisans du bachotage, qu'ils soient parents ou enseignants, mettent tous les atouts de leur côté: révisions intenses, entraînement sur les anciens livrets. On assiste alors à un véritable bourrage de crâne de nos chères têtes blondes qui tendrait à évoquer le remplissage hâtif et excessif d'une valise prête à exploser...Certains vont même jusqu'à chercher sur internet les livrets de l'année, habilement publiés par des âmes "charitables"... Peut-être vous-même qui êtes en train de lire cet article et de chercher le bon lien qui fera de vous l'heureux détenteur de ce savoir inestimable!
L'horreur touche alors à son paroxysme lorsque le parent soucieux de bien faire, anticipe les épreuves et fait faire à son chérubin les exercices à l'avance, en lui notifiant bien de ne surtout pas le répéter à son professeur! On sombre alors dans "Petits Mensonges et Trahisons en tous genres à l'école", un feuilleton bien pire encore que les précédents...
Pour ma part, telle Laura Ingalls dans "La petite école dans la prairie", après avoir dévalé une jolie petite colline fleurie, je ne m'en fais pas...
No bachotage, no stress, no préparation intensive. Circulez, Y a rien à voir! Tout le monde descend de ce train infernal et on se calme!
Les évaluations sont là, on les fait sereinement, même si tout le monde stresse autour de nous. De toutes façon, trop de stress nuit à une bonne réflexion...
A l'école, c'est le carnaval pour tout le monde!
Avec comme thème la liberté (de se déguiser comme on veut)...
...me voici ainsi transformée pour un jour en Lady Gaga.
J'envisage sérieusement de venir ainsi tous les jours!
A moins que je ne change de déguisement chaque jour en fonction des notions vues en classe. Je vous laisse imaginer le cours sur la Préhistoire...
Les formations, pour les instits, c'est l'occasion de se mettre à la page, ce qui signifie en fait réaliser que notre manière de travailler, "c'est-pas-bien-du-tout et qu'y-faut-pas-faire-du-tout comme-ça et que-c'est-mieux-autrement quand c'est-beaucoup-plus-compliqué!"
C'est aussi le moment de prendre un peu de recul par rapport à nos pratiques en échangeant avec d'autres instits. Ce que l'on appelle aussi "mutualiser" nos expériences!
Voici d'ailleurs un extrait classique de mutualisation:"
-En prenant en compte, les difficultés et réussites des élèves, que pensez-vous des consignes ci-dessus? Comment pouvez-vous les modifier pour répondre aux besoins spécifiques de chacun des élèves pour leur permettre d'accéder à la notion de proportionnalité sans être parasités par d'autres obstacles?
-...
-?!?
-Moi avec mes 34 élèves, je ne peux pas répondre aux besoins spécifiques...
-Oula! En plus, il faut réfléchir?
-Alors, tu prends 300 grammes de farine et tu mélanges avec les oeufs...
-Et toi? ta directrice? Elle est comment?
-Si tu voyais les copies qu'ils me rendent!
-Oh! Tu as vu? c'est Nathalie.... Elle a pris un de ces coups de vieux!
-Il faut dire que depuis le départ de son mari...
-Comment, tu ne sais pas la dernière?
-Moi, les cannelés, je les fais cuire longtemps...
-c'est bientôt la pause?
Ce que j'aime quand même le plus dans les formations, c'est le "méta-langage"...
Il y a toujours au moins un intervenant qui raffole de ce charabia linguistique et qui nous en met plein les oreilles avec ses: "opérationnalisation, charge de l'élève, flexibilité mentale..." C'est plutôt amusant à écouter car on s'éloigne tellement de notre réalité quotidienne que cela en devient absurde (qu'en penserait Monsieur Devos?)
Le pire avec les formations, c'est qu'on en redemande toujours!!!!
Une petite dictée de rentrée permet de voir où
chacun en est avec l'orthographe.
C'est ce qu'on appelle une évaluation diagnostique!
A cette occasion, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer ces quelques perles. Je suis toujours étonnée de la créativité des enfants face à un mot difficile à orthographier...
institutrisse
instistutustrice
linstitutris
instritutrice
istutrice
jim-nas
gimnase
gimenase
jisname
gynase
gimnasme
gymlase
gimnaze
La dictée reste un exercice d'entraînement intéressant mais il me semble important de la dédramatiser... voici donc quelques idées:
-souligner en bleu tout ce qui est juste,
-noter un pourcentage de réussite,
-inventer des textes en exploitant tout ce que l'on travaille par ailleurs,
-imaginer des dictées-feuilletons,
-inventer des textes à partir d'une liste de mots (logorallye)
-dédramatiser les erreurs,
-inventer des textes en lien avec la vie de la classe,
-expliquer aux parents qu'une dictée ne reste qu'un exercice d'orthographe!!!!
Le trio infernal prérentrée-rentrée-réunion/parents est bouclé!
Regardez! La classe et mon bureau sont bien en ordre... cela ne va pas durer!!!
Nous avons eu droit lors de la prérentrée à une formation "excel", j'aurai préféré une formation "overblog" mais, bon...On fait avec ce que l'on a, d'autant plus que pendant la nuit qui a suivi, je n'ai fait que rêver de listes de données et de tableaux.
Nous avons aussi planifié notre année (nous avons déjà une date très importante, celle de notre sacro-saint repas de Noël entre instits avec
échange de cadeaux et tout et tout...
)
Chaque instit a ensuite récupéré sagement les livres commandés pour sa classe. Cette activité est toujours un vrai casse-tête, le nombre de livres étant parfois assez aléatoire (sans parler des ouvrages envoyés par erreur) , cela a créé quelques tensions dans l'équipe (est-ce que quelqu'un ne m'aurait pas "chourré" par hasard mes livres manquants de CM1?)
Est venu ensuite le temps de la rentrée...échelonnée SVP!
Un des rares privilèges du CM2 est de rentrer en dernier ce jour-là, ce qui nous permet de nous délecter un peu (avec un vrai sourire narquois teinté d'un peu de sadisme) en assistant à la rentrée des autres classes.
Il faut bien l'avouer, c'est un vrai plaisir de lire le stress sur le visage de nos collègues qui partent vers leur classe suivies d'une meute d'élèves (encore tout imprégnés de leurs vacances) et de parents surchargés de fournitures scolaires (et oui, ces charmants petits anges ne doivent pas trop se fatiguer...)
Hélas, cette joie n'a qu'un temps et nous sommes vite rattrapées par notre propre rentrée.
A nous le plaisir de vivre ce grand moment de solitude où nous fermons la porte derrière le dernier parent qui n'en finit plus de sortir... Moment intense, déjà évoqué dans ce blog, où trente (et une) paires d'yeux nous observent à leur tour...
Vous qui vivez cette même rentrée, vous devez connaître aussi ce très court instant de blanc total où vous vous dites au fond de vous-même :" Voilà, voilà... qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur raconter?"
En fait nous savons tous ce que nous allons dire mais nous ne savons plus par où commencer tant la tâche est diverse...
Il faut en effet gérer la nouveauté, l'ambiance, le matériel, les papiers administratifs, les questions diverses et variées, trente et une nouvelles personnalités et montrer en plus que l'on a une main de fer dans un gant de velours.
Septembre en vue!
il est grand temps de ranger les lunettes de soleil, la crème solaire et le sac de plage...
Rien de mieux qu'un petit tour à l'école pour se dégriser de cette douce ivresse qui nous envahit pendant les vacances. C'est un peu comme si on remettait en marche certaines zones de notre cerveau mises en "stand-by" pendant cette looooongue période d'été.
Pour ma part, chaque année, j'ai besoin de quelques jours et de quelques rituels pour changer de costume. Je pense que pour vous aussi, blogopotes enseignants, il est difficile de passer de
l'état de vacancier-touriste-cool-cheveux-au-vent à celui de enseignant-pédagogue-austère-chignon (enfin, surtout pour ces messieurs
...)
Imaginez une seconde que l'on nous demande d'accueillir notre nouvelle classe avec notre tenue et surtout notre "cerveau en repos" de vacances! Cela changerait sûrement le regard de nos élèves sur notre petite personne de prof!!! Peut-être en bien d'ailleurs...
Voici donc quelques petits trucs pour sortir de cette léthargie estivale et me trouver fin prête (enfin, je crois...) le jour de la rentrée:
-Aller faire un tour dans l'école,
-récupérer la liste de mes élèves avec un trombinoscope de l'année précédente,
-associer les noms et les visages de mes futurs CM2,
-apprendre leur nom par coeur et savoir les reconnaître (c'est toujours mieux de les appeler par leur nom dès l'entrée en classe, cela fait toujours son petit effet!!!)
-aller dans la classe et s'imprégner des lieux (allez on respire un grand coup...),
-vérifier les murs, les meubles, le matériel (avez-vous remarqué avec quelle difficulté on se procure des craies rouges? cette année encore, on m'a donné des
craies de différentes couleurs, mais point de rouges...)
-préparer des étiquettes à leur nom et les scotcher sur les bureaux, dans l'ordre alphabétique, afin de ne pas avoir la foire dans la classe le jour de la rentrée (les parents veulent tous les mettre au premier rang et je ne peux pas en caser 31 sur une seule rangée...),
-reprendre mon cahier-journal (déjà préparé au début des vacances avant que le-dit cerveau ne soit complètement au ralenti),
-relire quelques passages-clés d'ouvrages pédagogiques (lisibles bien sûr, avec un vocabulaire relativement compréhensible...)
- toiletter mon blog de classe (ultra confidentiel, je ne vous en donnerai pas l'adresse, na!)
-programmer par écrit la première période et plus particulièrement la première semaine et encore plus précisément le premier jour de classe...
-téléphoner à quelques copines pour se rassurer (il est assez réconfortant de voir que les autres sont aussi voire plus en vrac que soi...)
La liste n'est sûrement pas terminée et si d'autres trucs me viennent en tête, je les rajouterai. Pour l'instant, je retourne à mes préparatifs...
L'une à Marseille, l'autre en région parisienne
L'une dans le privé, l'autre dans le public
Des contextes différents pour des maîtresses un peu magiciennes
Des élèves différents à qui apprendre l'arithmétique
Mais des enfants à aider, à faire grandir dans la confiance
Des petites têtes, blondes et brunes
A qui elles apportent dans une douce ambiance
Un même amour de la lecture
L'une passionnée de peinture,de dessin, de photos
L'autre animée par les aventures d'un doux rêveur de la Manche, son héros...
Dernier jour d'école... Je souhaite de bonnes vacances à mes élèves et à leurs parents venus les chercher mais je n'en mène pas large... Il en faudrait peu pour que je verse une petite larme...
Une maman m'aborde:
-C'était vraiment une belle année...Mon enfant en gardera un très bon souvenir, moi aussi d'ailleurs.
Aïe! ce qu'il ne fallait pas me dire! Gasp! les larmes se mettent à couler...très discrètement dans un premier temps mais je sens bien que je ne vais pas en rester là. Damned, mes lunettes de soleil sont sur mon bureau et pas l'ombre d'un mouchoir dans le coin.
Trop tard! Je pleure comme une fontaine ou une madeleine, je ne sais plus. Inutile de me cacher, je décide d'assumer. Et oui, une maîtresse, ça peut aussi pleurer! Dans la rue, mes élèves m'aperçoivent, ils se passent le mot:
-la maîtresse...Elle pleure!
Sans hésiter, ils reviennent tous dans l'école et m'entourent pour me consoler. Là, ça devient de plus en plus difficile de ne pas s'effondrer...Cette maman avait raison... C'était vraiment une très belle année!
Surveillance pendant la récréation... Deux élèves de CE1 viennent nous voir:
-Maîtresse...
-Oui, que se passe-t-il?
-Il ne veut pas me faire jouer!
-Il ne veut pas accepter les règles du jeu!
-Alors, prenez un arbitre parmi les joueurs pour surveiller le jeu...
-Oui... (pensif)...mais en fait, si on prend un arbitre...il ne reste plus qu'un joueur...